Quand Dieu prépare le terrain
Ça y est. Nous partons pour le Cambodge à la fin du mois de mars.
Le mois prochain, nous monterons dans un avion.
Nous ne savons pas tout.
Nous ne savons même pas exactement où nous irons.
Nous ne savons pas encore clairement ce que Dieu attend de nous.
Il reste encore beaucoup d’inconnues. Et honnêtement, cela demande de la foi.
Nous voyons ce voyage comme un voyage exploratoire. Ce n’est pas une destination finale, mais un premier pas. L’idée est de poser une fondation. De discerner. De prier. Peut-être de préparer un deuxième voyage, plus long et plus profondément enraciné, avec une vision à long terme. Tout cela reste encore à déterminer. Nous continuons de prier à ce sujet.
Mais je trouvais important de partager comment nous en sommes arrivés là.
Il y a plusieurs années, nous avons pris une décision importante : celle de vivre réellement pour Dieu. Pas seulement de croire en Lui, mais d’orienter notre vie autour de Lui. À cette époque, plusieurs passages de la Bible nous ont profondément parlé, particulièrement ceux où Jésus parle des oiseaux. Des oiseaux que Dieu nourrit, qui n’amassent pas de réserves, qui n’ont pas de demeure permanente, mais qui vivent au jour le jour en faisant confiance à Dieu pour pourvoir à leurs besoins.
Ce passage nous a profondément marqués.
Parce qu’à cette époque, nous étions bénis. Nos prières recevaient des réponses. Dieu prenait soin de nous. Mais en même temps, nous avions l’impression de vivre surtout pour nous-mêmes. Comme si Dieu nous appelait à quelque chose de plus. Un peu comme le peuple à Babylone. C’était un lieu temporaire, mais à un certain moment, Dieu les a rappelés à Jérusalem pour reconstruire.
Nous avons ressenti cet appel.
Pas seulement pour nous, mais aussi pour nos enfants. Parce que nous croyons que chaque personne doit avoir une rencontre personnelle avec Dieu. Nous ne pouvons pas vivre éternellement sur la révélation de la génération précédente. La Bible nous montre où cela peut mener.
Alors, nous avons dit oui.
Au fil des années, Dieu nous a équipés. Il a placé en nous des outils, une compréhension de la mission et un désir d’obéir. Mais surtout, Il a travaillé quelque chose de beaucoup plus profond : notre caractère. Et ce n’est pas facile.
Et je veux m’arrêter ici un instant. Ce travail est loin d’être terminé.
Mais au cours de ces années, nous avons vu Dieu agir dans notre vie de façons que nous n’aurions jamais expérimentées si nous étions restés dans notre zone de confort. Nous ne connaissons pas vraiment Dieu simplement en lisant un livre. Nous apprenons à Le connaître en marchant avec Lui. En Le voyant agir. Cela devient personnel. Réel.
C’est ce que nous voulons que les gens découvrent. Pas une religion. Pas une formule. Mais une rencontre.
Dieu a aussi commencé à nous révéler notre rôle dans le Corps et, peu à peu, un désir pour les nations a grandi en nous. Pas parce que nous sommes courageux. Pas du tout.
Nous ne faisons pas cela par courage.
Ce qui nous motive, c’est le trésor. Comme dans la parabole du trésor caché dans un champ. Lorsqu’un homme le découvre, il vend tout ce qu’il possède pour acquérir ce champ. Pas parce qu’il aime perdre ce qu’il possède, mais parce que le trésor vaut tout.
Le trésor, c’est de connaître Dieu. Et la Bible dit que connaître Dieu, c’est la vie éternelle.
Il ne s’agit pas nécessairement de vendre sa maison ou ses possessions. Mais si quelque chose nous empêche d’entrer pleinement dans ce que Dieu veut faire, alors parfois, il est nécessaire de lâcher prise.
Dans ce cheminement, Dieu a placé en nous un désir clair pour le Cambodge. Nous portons dans notre cœur, comme Jésus l’enseigne, le désir de trouver une personne de paix. De bâtir une relation. De poser une fondation solide afin que cette personne puisse ensuite faire de même avec d’autres.
Mais passer de la vie en Amérique du Nord à la vie en Asie n’est pas seulement une question de culture. C’est une façon complètement différente de penser. De communiquer. De comprendre les signes non verbaux.
Avant notre départ pour le Cambodge, Dieu m’a permis de faire un voyage de sept jours aux Philippines. C’était un voyage que j’avais à cœur depuis un certain temps, mais qui représentait un coût important. Et cet argent aurait dû être pris dans notre budget pour le Cambodge, ce qui aurait retardé notre départ.
Nous avons fait un pas de foi.
Et la semaine suivante, Dieu a pourvu. Le billet d’avion a été entièrement payé.
Ce voyage m’a profondément béni. Il m’a rassuré concernant les aéroports, les correspondances et l’immigration. Des choses qui étaient pour moi une véritable source de stress en tant que père, particulièrement avec des enfants qui n’avaient encore jamais pris l’avion. J’ai aussi découvert le climat, le rythme de vie et certaines réalités sur le terrain.
Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est la culture.
J’ai réalisé à quel point il était difficile pour moi de comprendre les gens. Pas seulement à cause de la barrière de la langue, mais aussi à cause de la communication non verbale. Un « oui » n’est pas toujours réellement un oui. Un « non » n’est pas toujours exprimé directement. À mon retour, j’ai commencé à faire des recherches, et cela m’a ouvert les yeux sur une façon de penser très différente de la nôtre.
En Occident, l’Évangile est souvent présenté à travers la perspective du péché et de la culpabilité. En Asie, l’honneur et la honte occupent une place beaucoup plus importante.
Les décisions sont souvent prises en fonction de l’honneur.
J’ai entendu une histoire qui illustre bien cela. Un missionnaire avait été invité à manger au Japon. Il ne restait pour lui qu’une paire de pantoufles roses. Son hôte japonais lui a offert ses propres pantoufles afin de lui éviter d’être embarrassé. Le missionnaire, croyant faire preuve d’humilité, a refusé. Sans le savoir, il avait déshonoré son hôte.
Rien n’est dit. Tout passe par le non-verbal. Mais une distance se crée.
Cela m’a fait comprendre que notre façon d’apporter l’Évangile doit aussi s’adapter. Être encore plus relationnelle. Encore plus vécue. Là-bas, les gens observent notre façon de vivre. Notre façon de réagir dans les difficultés. Notre façon de traiter les autres. C’est cela qui parle.
Aux Philippines, quelque chose de beau s’est également produit. Un pasteur s’est joint aux rencontres, et c’est là qu’une relation a commencé. À travers ces moments partagés, nous sommes devenus amis. Plus tard, il nous a ouvert les portes de son église.
En participant aux rencontres, il a été profondément encouragé par ce qu’il voyait. Par le travail accompli par l’équipe sur le terrain, mais aussi par la puissance de Dieu à l’œuvre. Des guérisons. Des délivrances. Des vies touchées. Il a vu l’importance d’être un disciple actif. Pas seulement un croyant, mais un disciple qui fait des disciples.
Nous avons aussi vu trois jeunes se faire baptiser. L’un d’eux, un adolescent, a prié pour son cousin qui a été guéri, puis il a partagé son témoignage à l’église. Nous avons eu l’occasion d’apporter un message, de prier pour les gens et de marcher ensemble.
Je crois qu’à travers ce voyage, Dieu m’a donné un aperçu de ce qu’Il nous prépare au Cambodge.
Aujourd’hui, nous sommes toujours en chemin. Nous apprenons encore. Nous prions encore.
Mais voilà où nous en sommes.
Dieu prépare le terrain.
Et nous avançons, un pas à la fois, en Lui faisant confiance.

